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User / Grégory PERRIN (lisalou38) / Sets / Animaux-Animals-Animales
Gregory PERRIN / 28 items

N 3 B 6.8K C 4 E Dec 30, 2011 F Dec 30, 2011
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Ma rencontre avec la loutre dans l’Aubrac.

Je me suis rendu trois jours dans l’Aubrac entre noël et le jour de l’an dernier pour y séjourner avec des amis. J’allais enfin pouvoir découvrir l’Aubrac en plein hiver et tenter d’y faire quelques images de paysages.
L’Aubrac est un vaste plateau qui s’étale sur 40 km de long et 20 de large. Le climat y est rude ; grands pâturages, boraldes (vallée ou combe), lacs, cascades, forêts et tourbières se côtoient. C’est un pays de silence et de mystère qui peut fasciner les âmes amoureuses de la nature. La faune et la flore y sont riches et exceptionnelles. Un parc naturel régional, après une longue gestation, est enfin en train de voir le jour. Les démarches administratives, au départ, ont été un peu laborieuses puisque l’Aubrac se partage entre trois départements et trois régions différents.
Depuis un peu plus de deux ans, la photographie, avec l’achat de mon premier reflex, est devenue une véritable passion, parfois aussi un prétexte pour partir en pleine nature car cela m’apaise et me ramène à l’essentiel. J’ai beaucoup appris au travers des différents forums, des lectures de livres dédiés et de magazines. Mon pêcher mignon est la photographie de paysage même si je reste ouvert aux autres domaines. Un projet d’exposition, au sein du circuit « Art et Détente » du bois de Guirande à Lacalm où je présenterais des photos de l’Aubrac, m’a conduit à m’y rendre de nouveau cet hiver ; j’avais espoir de découvrir l’Aubrac sous la neige. A mon arrivée, une grosse déception m’attendait puisque la neige n’était pas au rendez-vous ; je ne savais pas encore qu’il allait pourtant m’arriver quelque chose d’exceptionnel sur place.
Nous sommes arrivés la veille du 27 décembre, dans une maison sans chauffage depuis un mois : il fait trois degrés dans ma chambre. Ce matin, je me lève avant le soleil pour être sur le terrain à l’aube, mon frère était partant pour me suivre dans mon expédition. Après repérage sur la carte IGN, j’avais décidé de parcourir les berges d’une rivière. Dans le sac, je prends mon fidèle canon 7d, l’ultra grand angle (ef-s 10-22, 90% de mes photos de paysage), le 100 macro (on ne sait jamais, il y aura sûrement des images à faire avec la glace), le téléobjectif (120-400 sigma), le trépied, télécommande, filtre gris pour faire des poses longues sur la rivière et deux batteries. Le thermomètre dehors est bien en dessous de zéro, je m’habille chaudement, vêtements thermiques, gants, bonnet, pantalon et veste kaki pour assurer une présence discrète, en tout cas la moins dérangeante possible dans la nature.
Nous arrivons sur le terrain avant que le soleil passe l’horizon, l’ambiance est glaciale, le silence est roi en dehors des clapotis de la rivière, une belle lumière rose violette envahit l’espace. Je suis un peu déçu que le ciel soit vide de nuages, moi qui aime tant les ciels ultra chargés, seuls les chemtrails liés à quelques passages d’avions le parsèment. Je commence en descendant la rivière à faire des images ( cf photo 1). Après une heure de marche dans cette ambiance, le soleil commence à pointer, tout s’illumine, les couleurs claquent, les jaunes orangés, le blanc du givre et le bleu du ciel et de la rivière s’agencent ensemble dans une harmonie toujours aussi silencieuse (cf photo 2). Je retrouve alors mon frère tapi à côté d’un caillou, il ne me parle pas et me montre du doigt un point vers la rivière qu’il fixe de manière intense.
Je me couche à mon tour et observe la rivière ; à une distance d’environ 60 mètres, quelque chose nage dans l’eau. Je pose mon sac et le trépied, enlève le grand angle du boîtier pour monter le téléobjectif. Après un shoot rapide afin évaluer les réglages nécessaires pour le couple vitesse ouverture, la lumière bien présente va me permettre de shooter avec une ouverture de f 7,1, c’est là que le sigma commence à bien piquer, je monte à 400 iso afin d’être certain d’avoir une vitesse suffisante pour éviter tous flous de bouger. J’enclenche le mode haute vitesse en continu (rafale), on ne sait jamais. Abandonnant sac et trépied, capuche kaki sur la tête je m’élance tel un serpent en rampant pour m’approcher de la rivière. Je quitte notre position pourtant surélevée mais qui ne me permet pas même à 400 mm de faire des images valables. Lors de mon déplacement reptilien, je tourne régulièrement la tête pour voir mon frère qui m’indique du doigt la position de la chose, il me montre maintenant deux endroits, seraient-elles plusieurs ?
J’arrive enfin au bord de l’eau, un caillou et des branches me permettent de me dissimuler facilement, je me sens toute excité mais n’ose lever la tête par peur de me faire voir. Pour l’instant je ne vois rien mais dans le silence ambiant et le ronronnement de la rivière, j’entends alors des sons particuliers : les « choses » communiquent entre elles en faisant un espèce de rire un peu sourd ! J’ose un regard, un animal à une quinzaine de mètres se meut dans l’eau avec une facilité et une rapidité étonnante enchaînant les plongeons. J’aperçois un autre spécimen qui se trouve sur la berge…Non je ne rêve pas ; elle a un poisson dans la gueule. Pour en avoir déjà vu en vrai, j’élimine rapidement de mon esprit la possibilité que ce soient des ragondins ou alors des castors. Naturaliste en herbe, je rassemble mes souvenirs d’enfance ou dans les livres j’avais aperçu des images qui pourraient correspondre : ce sont sûrement des loutres.
Je me ressaisis enfin pour mettre l’œil dans le viseur et tenter quelques shoots, je ne dispose pas de beaucoup de marges de manœuvres pour couvrir l’espace, des herbes accrochées aux branches ainsi que les rochers gênent. Je m’occupe de celle qui se trouve sur la rive d’en face et qui prend son petit déjeuner sur un petit rocher à fleur d’eau, je déclanche à tout va, la lumière et bonne et je dispose d’une vitesse convenable ; la loutre me tourne le dos, elle effectue de petits mouvements en grignotant son poisson (cf Photo 3) ; enfin je vois sa tête, j’arrive à faire deux images valables (cf. image 4 et 5). Je pivote mon objo pour retrouver l’autre en pleine pêche : elle a un poisson dans la gueule. Tout en nageant, elle dresse sa tête à la verticale afin de mieux pouvoir l’avaler, j’aperçois ses crocs, quatre belles canines dans sa mâchoire puissante (photo 6). Le déjeuner est dévoré rapidement, elle replonge immédiatement pour ressortir, une poignée de secondes plus tard avec un autre poisson qu’elle avale dans les mêmes conditions (photo 7). J’hésite à changer de position pour me rapprocher encore, je n’en fais rien par peur de me faire voir. La loutre sur la berge plonge de nouveau, je tourne l’objectif vers la position de la deuxième, plus rien ! Elles ont disparu, plus de petits cris. Rien ! Désespérément rien ! Je me tourne vers mon frère toujours en surplomb, il me fait signe qu’il ne voit plus rien. Sont-elles parties plus loin ou alors dans un terrier ? La question restera entière. Mon excitation redescend ; je baigne dans un mélange de fascination et de joie. J’attends longtemps les sens en éveil avec l’espoir qu’elles ressurgissent de nouveau mais rien ne se passera. Le lendemain, j’irais me mettre à l’affût au même endroit, à la même heure mais sans résultats. Ce n’est qu’en quittant l’Aubrac trois jours après que je pourrais me lancer dans la recherche internet d’informations sur la loutre. Je réalise alors la chance que nous avons eue : la loutre est nocturne. En France, il est très rare de pouvoir les observer de jour, c’est un animal plutôt solitaire en dehors de la saison des amours. Pas de doute, j’ai bénéficié de la chance du naturaliste débutant pour cette observation. J’ai appris qu’il y avait en France un plan d’action de conservation de la loutre mis en place par le ministère de l’écologie et que je me trouvais sans le savoir dans un des bastions historiques de la loutre qui recolonise peu à peu son territoire. La présence de la loutre est un indicateur de la qualité de l’eau ; pas de doute, les eaux de l’Aubrac sont pures. Dans peu de temps, si tout se passe bien, le parc naturel régional va voir le jour, cela me semble être une bonne chose pour protéger, informer et sensibiliser les gens sur les richesses naturelles qui s’y trouvent.
C’est certain, je retournerais sur ces terres sauvages avec le souvenir et l’espoir d’une nouvelle rencontre avec la déesse des eaux.
Gregory PERRIN.

N 0 B 156 C 1 E Feb 15, 2012 F Feb 18, 2012
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N 0 B 154 C 0 E Feb 15, 2012 F Feb 17, 2012
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N 1 B 5.1K C 0 E Dec 30, 2011 F Dec 30, 2011
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Ma rencontre avec la loutre dans l’Aubrac.

Je me suis rendu trois jours dans l’Aubrac entre noël et le jour de l’an dernier pour y séjourner avec des amis. J’allais enfin pouvoir découvrir l’Aubrac en plein hiver et tenter d’y faire quelques images de paysages.
L’Aubrac est un vaste plateau qui s’étale sur 40 km de long et 20 de large. Le climat y est rude ; grands pâturages, boraldes (vallée ou combe), lacs, cascades, forêts et tourbières se côtoient. C’est un pays de silence et de mystère qui peut fasciner les âmes amoureuses de la nature. La faune et la flore y sont riches et exceptionnelles. Un parc naturel régional, après une longue gestation, est enfin en train de voir le jour. Les démarches administratives, au départ, ont été un peu laborieuses puisque l’Aubrac se partage entre trois départements et trois régions différents.
Depuis un peu plus de deux ans, la photographie, avec l’achat de mon premier reflex, est devenue une véritable passion, parfois aussi un prétexte pour partir en pleine nature car cela m’apaise et me ramène à l’essentiel. J’ai beaucoup appris au travers des différents forums, des lectures de livres dédiés et de magazines. Mon pêcher mignon est la photographie de paysage même si je reste ouvert aux autres domaines. Un projet d’exposition, au sein du circuit « Art et Détente » du bois de Guirande à Lacalm où je présenterais des photos de l’Aubrac, m’a conduit à m’y rendre de nouveau cet hiver ; j’avais espoir de découvrir l’Aubrac sous la neige. A mon arrivée, une grosse déception m’attendait puisque la neige n’était pas au rendez-vous ; je ne savais pas encore qu’il allait pourtant m’arriver quelque chose d’exceptionnel sur place.
Nous sommes arrivés la veille du 27 décembre, dans une maison sans chauffage depuis un mois : il fait trois degrés dans ma chambre. Ce matin, je me lève avant le soleil pour être sur le terrain à l’aube, mon frère était partant pour me suivre dans mon expédition. Après repérage sur la carte IGN, j’avais décidé de parcourir les berges d’une rivière. Dans le sac, je prends mon fidèle canon 7d, l’ultra grand angle (ef-s 10-22, 90% de mes photos de paysage), le 100 macro (on ne sait jamais, il y aura sûrement des images à faire avec la glace), le téléobjectif (120-400 sigma), le trépied, télécommande, filtre gris pour faire des poses longues sur la rivière et deux batteries. Le thermomètre dehors est bien en dessous de zéro, je m’habille chaudement, vêtements thermiques, gants, bonnet, pantalon et veste kaki pour assurer une présence discrète, en tout cas la moins dérangeante possible dans la nature.
Nous arrivons sur le terrain avant que le soleil passe l’horizon, l’ambiance est glaciale, le silence est roi en dehors des clapotis de la rivière, une belle lumière rose violette envahit l’espace. Je suis un peu déçu que le ciel soit vide de nuages, moi qui aime tant les ciels ultra chargés, seuls les chemtrails liés à quelques passages d’avions le parsèment. Je commence en descendant la rivière à faire des images ( cf photo 1). Après une heure de marche dans cette ambiance, le soleil commence à pointer, tout s’illumine, les couleurs claquent, les jaunes orangés, le blanc du givre et le bleu du ciel et de la rivière s’agencent ensemble dans une harmonie toujours aussi silencieuse (cf photo 2). Je retrouve alors mon frère tapi à côté d’un caillou, il ne me parle pas et me montre du doigt un point vers la rivière qu’il fixe de manière intense.
Je me couche à mon tour et observe la rivière ; à une distance d’environ 60 mètres, quelque chose nage dans l’eau. Je pose mon sac et le trépied, enlève le grand angle du boîtier pour monter le téléobjectif. Après un shoot rapide afin évaluer les réglages nécessaires pour le couple vitesse ouverture, la lumière bien présente va me permettre de shooter avec une ouverture de f 7,1, c’est là que le sigma commence à bien piquer, je monte à 400 iso afin d’être certain d’avoir une vitesse suffisante pour éviter tous flous de bouger. J’enclenche le mode haute vitesse en continu (rafale), on ne sait jamais. Abandonnant sac et trépied, capuche kaki sur la tête je m’élance tel un serpent en rampant pour m’approcher de la rivière. Je quitte notre position pourtant surélevée mais qui ne me permet pas même à 400 mm de faire des images valables. Lors de mon déplacement reptilien, je tourne régulièrement la tête pour voir mon frère qui m’indique du doigt la position de la chose, il me montre maintenant deux endroits, seraient-elles plusieurs ?
J’arrive enfin au bord de l’eau, un caillou et des branches me permettent de me dissimuler facilement, je me sens toute excité mais n’ose lever la tête par peur de me faire voir. Pour l’instant je ne vois rien mais dans le silence ambiant et le ronronnement de la rivière, j’entends alors des sons particuliers : les « choses » communiquent entre elles en faisant un espèce de rire un peu sourd ! J’ose un regard, un animal à une quinzaine de mètres se meut dans l’eau avec une facilité et une rapidité étonnante enchaînant les plongeons. J’aperçois un autre spécimen qui se trouve sur la berge…Non je ne rêve pas ; elle a un poisson dans la gueule. Pour en avoir déjà vu en vrai, j’élimine rapidement de mon esprit la possibilité que ce soient des ragondins ou alors des castors. Naturaliste en herbe, je rassemble mes souvenirs d’enfance ou dans les livres j’avais aperçu des images qui pourraient correspondre : ce sont sûrement des loutres.
Je me ressaisis enfin pour mettre l’œil dans le viseur et tenter quelques shoots, je ne dispose pas de beaucoup de marges de manœuvres pour couvrir l’espace, des herbes accrochées aux branches ainsi que les rochers gênent. Je m’occupe de celle qui se trouve sur la rive d’en face et qui prend son petit déjeuner sur un petit rocher à fleur d’eau, je déclanche à tout va, la lumière et bonne et je dispose d’une vitesse convenable ; la loutre me tourne le dos, elle effectue de petits mouvements en grignotant son poisson (cf Photo 3) ; enfin je vois sa tête, j’arrive à faire deux images valables (cf. image 4 et 5). Je pivote mon objo pour retrouver l’autre en pleine pêche : elle a un poisson dans la gueule. Tout en nageant, elle dresse sa tête à la verticale afin de mieux pouvoir l’avaler, j’aperçois ses crocs, quatre belles canines dans sa mâchoire puissante (photo 6). Le déjeuner est dévoré rapidement, elle replonge immédiatement pour ressortir, une poignée de secondes plus tard avec un autre poisson qu’elle avale dans les mêmes conditions (photo 7). J’hésite à changer de position pour me rapprocher encore, je n’en fais rien par peur de me faire voir. La loutre sur la berge plonge de nouveau, je tourne l’objectif vers la position de la deuxième, plus rien ! Elles ont disparu, plus de petits cris. Rien ! Désespérément rien ! Je me tourne vers mon frère toujours en surplomb, il me fait signe qu’il ne voit plus rien. Sont-elles parties plus loin ou alors dans un terrier ? La question restera entière. Mon excitation redescend ; je baigne dans un mélange de fascination et de joie. J’attends longtemps les sens en éveil avec l’espoir qu’elles ressurgissent de nouveau mais rien ne se passera. Le lendemain, j’irais me mettre à l’affût au même endroit, à la même heure mais sans résultats. Ce n’est qu’en quittant l’Aubrac trois jours après que je pourrais me lancer dans la recherche internet d’informations sur la loutre. Je réalise alors la chance que nous avons eue : la loutre est nocturne. En France, il est très rare de pouvoir les observer de jour, c’est un animal plutôt solitaire en dehors de la saison des amours. Pas de doute, j’ai bénéficié de la chance du naturaliste débutant pour cette observation. J’ai appris qu’il y avait en France un plan d’action de conservation de la loutre mis en place par le ministère de l’écologie et que je me trouvais sans le savoir dans un des bastions historiques de la loutre qui recolonise peu à peu son territoire. La présence de la loutre est un indicateur de la qualité de l’eau ; pas de doute, les eaux de l’Aubrac sont pures. Dans peu de temps, si tout se passe bien, le parc naturel régional va voir le jour, cela me semble être une bonne chose pour protéger, informer et sensibiliser les gens sur les richesses naturelles qui s’y trouvent.
C’est certain, je retournerais sur ces terres sauvages avec le souvenir et l’espoir d’une nouvelle rencontre avec la déesse des eaux.
Gregory PERRIN.


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